vendredi 25 novembre 2016

PROCURE c'est aussi d'aider l'homme à apprivoiser son cancer de la prostate

Il y a  quelques années j’avais écrit quelques blogues  concernant mes expériences personnelles avec le cancer de la prostate  et aussi de mon bénévolat avec PROCURE. Il me fait plaisir de vous présenter aujourd'hui deux de mes textes.

 

PRÉAMBULE

 

Un service d’écoute c’est de pouvoir aider, de redonner confiance et d’encourager celui qui est atteint du cancer de la prostate ou encore un proche de celui-ci.

PROCURE  offre aujourd’hui un service de soutien  à la fine pointe et unique au Québec.  PROCURE  sait fort bien qu’il faille aider le patient à se libérer de la peur de l’inconnu afin qu’il puisse prendre les décisions éclairées qui lui incombent. Un accès téléphonique (1-855-899-2873)  à des infirmiers (ères) tous spécialisés en urologie est disponible afin  d’écouter, de soutenir et de renseigner. Ce service est évidemment entièrement gratuit et confidentiel.

 

Ce service d’écoute avec un personnel infirmier est relativement nouveau et est disponible grâce aux campagnes de financement de PROCURE et de votre générosité. J’ai personnellement fait avec d’autres survivants partie  de la première génération  du service de soutien PROCURE et c’est d’ailleurs le sujet de mes deux textes d’aujourd’hui.

 

 

3 octobre 2011

 

L’INQUÉTUDE ET LE DÉSESPOIR PEUVENT ÊTRE PIRE QUE LA MALADIE

 

Bob est rongé par l’inquiétude….

PROCURE  qui entre autres offre un service de soutien aux hommes atteints du cancer de la prostate m’a récemment demandé de communiquer avec Bob, pas son vrai non, car il venait d’apprendre que l’on doutait un cancer de la prostate. Bob a 65 ans, vit seul, retraité  et ne semble avoir personne à qui partager ses quiétudes ainsi que son questionnement face a la maladie. À sa connaissance il n’y aurait aucune incidence de cancer dans sa famille.

Bob n’est pas souvent à la maison ou du moins il ne répond pas toujours à ses appels téléphoniques. De plus il n’a pas de boite vocale, impossible de lui faire part de mes tentatives de le rejoindre et de lui laisser savoir que je veux répondre à sa demande d’aide. Mes tentatives de le rejoindre se font à différents moments du jour. Peine perdu quatre jours de tentatives je ne le rejoins toujours pas.  Hier finalement je le rejoins, Un « Allo » dont le timbre traduit la déprime peut-être même son désespoir. Je me présente en lui mentionnant que je réponds à son appel d’aide adressé quelques jours plus tôt et que je suis moi-même un survivant du cancer de la prostate.
Rapidement, presque en rafale Bob me fait part de ses questions. De plus il me mentionne qu’il vit depuis 24 heures une douleur thoracique. Je m’inquiète de cette douleur et je lui suggère de consulter. Bob me questionne afin de trouver réponses à ses questions et en même temps il me questionne sur mon acheminement. Je tente de le calmer, et je lui demande me parler de lui. C’est suite à des analyses sanguines (un APS de 4.7) et l’examen de son médecin qu’il est en attente de subir prochainement une biopsie. On sent facilement son inquiétude et son désespoir face à la possibilité de se faire confirmer un cancer de la prostate. Subir la biopsie l’inquiète tout autant que le résultat à venir. Ces questions tournent au tour de la durée d’une biopsie, la douleur, bref comment ça se passe. Après l’avoir écouté quelques minutes je lui parle de mon cas. Je lui fais part qu’à priori son cas me rappelle le mien. Que mon premier test d’APS se situait aussi à 4 quelque chose et que mon médecin de famille m’avait  référé à un urologue. La visite  chez l’urologue s’était bien passée. Il m’a  alors expliqué qu’une  biopsie serait nécessaire.  Quelques semaines plus tard j’apprends qu’on avait découvert 4 cellules cancéreuses. Je lui mentionne que tous les cas ne sont pas identiques mais qu’en ce qui concernait  mon cas, mon urologue voulait me mettre sur surveillance et en attente. « Wait and watch program ». Ce qui veut dire qu’il voulait suivre l’évolution de mon cancer  aux six mois avant de me faire des recommandations de traitement. Je répète à Bob que chaque cas est unique et qu’il doit garder espoir. Je lui mentionne trois possibilités.
1.     la biopsie pourrait possiblement indiquer qu’il n’y avait pas de cellules cancéreuses.
2.     Que si la biopsie identifiait des tumeurs cancéreuses,  son médecin voudra peut-être attendre avant de lui suggérer l’ablation ou autre plan de traitement
3.     Que si au pire il devait subir l’ablation ou autre traitement Bob devrait se compter chanceux d’avoir découvert son cancer à temps et que les chances de survis sont excellentes.

Suite à une dizaine de minutes passées au téléphone avec Bob je lui offre  partager mon numéro de téléphone avec lui  et qu’il pourra me téléphoner s’il en ressent le besoin. Il m’en remercie et termine la conversation en me remerciant, qu’il avait grandement apprécié mon aide et me prie de l’appeler à nouveau. Je ressens dans cette demande l’insécurité….

Aujourd’hui au lendemain de ma conversation avec Bob je pense à lui, sa douleur thoracique m’inquiète. Je viens de lui parler il se sent un peu mieux et attribue sa douleur à la poitrine à une chute et que les comprimés Tylenols, qu’il prend, semblent faire effet. Je sens que son rendez-vous pour sa biopsie du 3 novembre prochain le stress et je lui offre s’il le veut de l’accompagner à l’hôpital Montreal General.


22 décembre, 2011

UN NOËL BLANC

Qui n’a pas chanté ou entendu ce chant en cette période de réjouissances?
Mon Noël je le souhaite tout blanc et je m’en fous s’il n’y a pas de neige car mon Noël je le voie blanc comme dans « absence de. » Un Noël sans bobo, sans malaise, sans maladie et encore plus sans mortalité.
Depuis septembre, PROCURE me réfère des hommes qui ont appris récemment  qu’ils sont atteints du cancer de la prostate. Ils ont tous des besoins communs  soit de comprendre, d’accepter et de se sentir sécurisé. Je leur offre mon écoute. Je réponds, guidé par la limite de mes connaissances à leurs questionnements et à leurs besoins de savoir.
En les écoutant je revis mon parcours lorsque j’ai aussi  appris que j’étais atteint de cette maladie qui touche au Canada un homme sur sept. À l’automne 2006 je me sentais seul mais je ne savais comment l’admettre. Je me refoulais, je recherchais de l’information   sur l’internet, je cherchais aussi à comprendre, à me sécuriser. Comme j’aurais aimé parler à un survivant, mais à qui et où le trouver?

PROCURE offre ce service d’écoute et j’en fais maintenant  partie. À parler avec ces hommes je tente de leur apporter du confort, de les soutenir et de leur faire sentir qu’ils ne sont pas seuls.
Aujourd’hui 22 décembre j’avais à écouter une personne, opérée il y a peine quelques semaines. Cette personne au réveil suite à l’opération a appris qu'on avait trouvé des métastases qui heureusement semblaient localisées. Il devra subir de l’hormonothérapie. Il n’a que 50 ans, et en plus comble de malheur  il a perdu son emploi cet été.
J’ai aussi fait aujourd’hui un suivi téléphonique avec un autre patient avec qui j’avais causé le 1er novembre dernier. Il fut opéré en début de mois, il est à la maison et se porte bien compte tenu des circonstances.

Ces deux hommes bien qu’ils vivent différents grades de cancers ont tous  deux un point en commun celui de vouloir fêter le prochain Noël  dans l’espoir qu’ils seront  aussi des survivants. Je leur souhaite un Noël blanc et qu’ils vivent tous deux cette période de festivités dans la joie et le bonheur entourés de ceux qu’ils aiment et qui les aiment.



Pour plus d’informations sur le cancer de la prostate cliquer www.procure.ca

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