Il y a quelques
années j’avais écrit quelques blogues
concernant mes expériences personnelles avec le cancer de la
prostate et aussi de mon bénévolat avec
PROCURE. Il me fait plaisir de vous présenter aujourd'hui deux de mes textes.
PRÉAMBULE
Un service d’écoute
c’est de pouvoir aider, de redonner confiance et d’encourager celui qui est
atteint du cancer de la prostate ou encore un proche de celui-ci.
PROCURE offre aujourd’hui un service de soutien à la fine pointe et unique au Québec. PROCURE
sait fort bien qu’il faille aider le patient à se libérer de la peur de
l’inconnu afin qu’il puisse prendre les décisions éclairées qui lui incombent.
Un accès téléphonique (1-855-899-2873) à
des infirmiers (ères) tous spécialisés en urologie est disponible afin d’écouter, de soutenir et de renseigner. Ce
service est évidemment entièrement gratuit et confidentiel.
Ce service d’écoute
avec un personnel infirmier est relativement nouveau et est disponible grâce
aux campagnes de financement de PROCURE et de votre générosité. J’ai
personnellement fait avec d’autres survivants partie de la première génération du service de soutien PROCURE et c’est
d’ailleurs le sujet de mes deux textes d’aujourd’hui.
3 octobre 2011
L’INQUÉTUDE ET LE DÉSESPOIR PEUVENT ÊTRE PIRE QUE LA MALADIE
Bob est rongé par l’inquiétude….
PROCURE qui entre autres offre un service de
soutien aux hommes atteints du cancer de la prostate m’a récemment demandé de
communiquer avec Bob, pas son vrai non, car il venait d’apprendre que l’on doutait un
cancer de la prostate. Bob a 65 ans, vit seul, retraité et ne semble avoir personne à qui partager ses
quiétudes ainsi que son questionnement face a la maladie. À sa connaissance il
n’y aurait aucune incidence de cancer dans sa famille.
Bob n’est pas souvent à la maison ou du moins il ne répond pas toujours à ses appels téléphoniques. De plus il n’a pas de boite vocale, impossible de lui faire part de mes tentatives de le rejoindre et de lui laisser savoir que je veux répondre à sa demande d’aide. Mes tentatives de le rejoindre se font à différents moments du jour. Peine perdu quatre jours de tentatives je ne le rejoins toujours pas. Hier finalement je le rejoins, Un « Allo » dont le timbre traduit la déprime peut-être même son désespoir. Je me présente en lui mentionnant que je réponds à son appel d’aide adressé quelques jours plus tôt et que je suis moi-même un survivant du cancer de la prostate.
Rapidement, presque en rafale Bob me fait part
de ses questions. De plus il me mentionne qu’il vit depuis 24 heures une
douleur thoracique. Je m’inquiète de cette douleur et je lui suggère de
consulter. Bob me questionne afin de trouver réponses à ses questions et en
même temps il me questionne sur mon acheminement. Je tente de le calmer, et je
lui demande me parler de lui. C’est suite à des analyses sanguines (un APS de
4.7) et l’examen de son médecin qu’il est en attente de subir prochainement une
biopsie. On sent facilement son inquiétude et son désespoir face à la
possibilité de se faire confirmer un cancer de la prostate. Subir la biopsie
l’inquiète tout autant que le résultat à venir. Ces questions tournent au tour
de la durée d’une biopsie, la douleur, bref comment ça se passe. Après l’avoir
écouté quelques minutes je lui parle de mon cas. Je lui fais part qu’à priori
son cas me rappelle le mien. Que mon premier test d’APS se situait aussi à 4
quelque chose et que mon médecin de famille m’avait référé à un urologue. La visite chez l’urologue s’était bien passée. Il m’a alors expliqué qu’une biopsie serait nécessaire. Quelques semaines plus tard j’apprends qu’on
avait découvert 4 cellules cancéreuses. Je lui mentionne que tous les cas ne
sont pas identiques mais qu’en ce qui concernait mon cas, mon urologue voulait me
mettre sur surveillance et en attente. « Wait and watch program ». Ce
qui veut dire qu’il voulait suivre l’évolution de mon cancer aux six mois avant de me faire des
recommandations de traitement. Je répète à Bob que chaque cas est unique et
qu’il doit garder espoir. Je lui mentionne trois possibilités.
1. la biopsie pourrait possiblement indiquer
qu’il n’y avait pas de cellules cancéreuses.
2. Que si la biopsie identifiait des tumeurs
cancéreuses, son médecin voudra
peut-être attendre avant de lui suggérer l’ablation ou autre plan de traitement
3. Que si au pire il devait subir l’ablation ou
autre traitement Bob devrait se compter chanceux d’avoir découvert son cancer à
temps et que les chances de survis sont excellentes.
Suite à une dizaine de minutes passées au
téléphone avec Bob je lui offre partager
mon numéro de téléphone avec lui et
qu’il pourra me téléphoner s’il en ressent le besoin. Il m’en remercie et
termine la conversation en me remerciant, qu’il avait grandement apprécié mon
aide et me prie de l’appeler à nouveau. Je ressens dans cette demande
l’insécurité….
Aujourd’hui au lendemain de ma conversation
avec Bob je pense à lui, sa douleur thoracique m’inquiète. Je viens de lui
parler il se sent un peu mieux et attribue sa douleur à la poitrine à une chute
et que les comprimés Tylenols, qu’il prend, semblent faire effet. Je sens que
son rendez-vous pour sa biopsie du 3 novembre prochain le stress et je lui
offre s’il le veut de l’accompagner à l’hôpital Montreal General.
22 décembre, 2011
UN NOËL
BLANC
Qui n’a pas chanté ou entendu ce chant en
cette période de réjouissances?
Mon Noël je le souhaite tout blanc et je m’en
fous s’il n’y a pas de neige car mon Noël je le voie blanc comme dans
« absence de. » Un Noël sans bobo, sans malaise, sans maladie et
encore plus sans mortalité.
Depuis septembre, PROCURE me réfère des hommes
qui ont appris récemment qu’ils sont
atteints du cancer de la prostate. Ils ont tous des besoins communs soit de comprendre, d’accepter et de
se sentir sécurisé. Je leur offre mon écoute. Je réponds, guidé par la limite
de mes connaissances à leurs questionnements et à leurs besoins de savoir.
En les écoutant je revis mon parcours lorsque
j’ai aussi appris que j’étais atteint de
cette maladie qui touche au Canada un homme sur sept. À l’automne 2006 je me
sentais seul mais je ne savais comment l’admettre. Je me refoulais, je
recherchais de l’information sur
l’internet, je cherchais aussi à comprendre, à me sécuriser. Comme j’aurais
aimé parler à un survivant, mais à qui et où le trouver?
PROCURE offre ce service d’écoute et j’en fais
maintenant partie. À parler avec ces
hommes je tente de leur apporter du confort, de les soutenir et de leur faire
sentir qu’ils ne sont pas seuls.
Aujourd’hui 22 décembre j’avais à écouter une
personne, opérée il y a peine quelques semaines. Cette personne au réveil suite
à l’opération a appris qu'on avait trouvé des métastases qui heureusement
semblaient localisées. Il devra subir de l’hormonothérapie. Il n’a que 50 ans,
et en plus comble de malheur il a perdu son emploi cet été.
J’ai aussi fait aujourd’hui un suivi téléphonique avec un autre patient avec qui j’avais causé le 1er novembre dernier. Il fut opéré en début de mois, il est à la maison et se porte bien compte tenu des circonstances.
J’ai aussi fait aujourd’hui un suivi téléphonique avec un autre patient avec qui j’avais causé le 1er novembre dernier. Il fut opéré en début de mois, il est à la maison et se porte bien compte tenu des circonstances.
Ces deux hommes bien qu’ils vivent différents
grades de cancers ont tous deux un point
en commun celui de vouloir fêter le prochain Noël dans l’espoir qu’ils seront aussi des survivants. Je leur souhaite un
Noël blanc et qu’ils vivent tous deux cette période de festivités dans la joie
et le bonheur entourés de ceux qu’ils aiment et qui les aiment.
Pour plus d’informations sur le cancer de la
prostate cliquer www.procure.ca
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire